PARENT... ET EN COUPLE AUSSI ! Episode 2 : Le Stress Post-Romantique

Par Vanessa Calas 26 Oct 2021
PARENT... ET EN COUPLE AUSSI !  Episode 2 : Le Stress Post-Romantique

La vie conjugale est un formidable laboratoire ! Vivre au quotidien, en couple, est à haut risque : celui de déclencher ou de révéler des psycho-traumatismes relationnels. Le terrain de la vie à deux est miné.

Un psycho-traumatisme, c’est une expérience de vie qui a toujours, au présent, un impact négatif dans la vie d’une personne.

Un marquage cérébral

En 2014, John BRADSHAW (psychologue et écrivain américain décédé en 2016), s’est appuyé sur les travaux d’Helen FISHER et John GOTTMAN, principalement, pour développer le concept de STRESS POST-ROMANTIQUE. Le terme fait référence au plus connu STRESS POST-TRAUMATIQUE, car les catégories de symptômes sont similaires. La cause est spécifique car elle est circonscrite à l’état amoureux.

Une personne en Etat de Stress Post-Traumatique a vécu une expérience douloureuse qui s’inscrit dans l’amygdale cérébelleuse, partie du cerveau responsable des émotions. L’événement traumatique est stocké de manière dysfonctionnelle dans une partie du cerveau. Lorsqu’une situation évoque le trauma passé, cela déclenche une perturbation.

L’Etat de Stress Post-Romantique, se manifeste au sein des couples quand l’étape de la lune de miel, arrive à son inévitable conclusion : c’est « la gueule de bois » ! L’Etat de Stress Post-Romantique est une sous-catégorie de l’Etat de Stress Post-Traumatique. Pour beaucoup de couple, cette désillusion constitue le premier trauma relationnel de leur histoire à deux. Pour s’épanouir en couple, chaque partenaire aura à dépasser son propre Etat de Stress Post-Romantique.

Les couples qui ont le plus de facilité à traverser cette épreuve sont ceux dont les partenaires ont un bon niveau d’attachement.

Un cocktail détonnant

Helen FISHER et son équipe ont mis en évidence que lorsqu’on tombe amoureux, le cerveau libère une incroyable panoplie de substances chimiques proches des amphétamines, réputées modifier les perceptions, les sensations et la conscience. Voici la composition de ce cocktail et son corolaire sur le comportement amoureux :

  1. DOPAMINE (Obsession et euphorie sur le partenaire)
  2. TESTOSTERONE (Désir sexuel boosté)
  3. PHENILETHYLAMINE (Maintien de la passion amoureuse)
  4. OCYTOCINE (Création du lien d'attachement)

Cette chimie explique pourquoi les amoureux peuvent se parler pendant des heures, faire abstraction des autres, avoir une sexualité intense… L’être aimé devient un alter-ego. Ce phénomène est donc à l’origine des mythes de l’âme-sœur et de l’amour fusionnel.

Ces hormones stimulent la testostérone et le désir pendant 12 à 18 mois. Puis, cela baisse inévitablement… jusqu’à un niveau normal. On assite ensuite à un effondrement du désir : c’est la première facette de l’Etat de Stress Post-Romantique. Les amoureux associent trop souvent ce retour à un équilibre naturel et nécessaire à une baisse du sentiment amoureux. En d’autres mots, ils pensent qu’ils ne s’aiment plus : c’est « le paradis perdu ».

La phéniléthylamine, à l’origine de la passion amoureuse, s’épuise après 2 ou 3 ans de vie commune. On observe beaucoup de divorces à 3-4 ans de relations. Un autre mythe s’effrite, celui qui associe le désir à une preuve d’amour. C’est la fin d’une ère et le début d’une autre : celle de l’attachement.

Le problème est que bon nombre d’entre nous n’ont pas eu dans leur petite enfance une figure d’attachement sécurisante, si bien que, une fois adultes, nous ne pouvons pas reproduire adéquatement ce comportement au sein du couple structurant une dynamique relationnelle singulière.