Comment réagir aux émotions fortes des enfants.

Par Valérie Moret 21 Jan 2022
Comment réagir aux émotions fortes des enfants.

Est-ce que les émotions fortes de vos enfants vous déstabilisent ? Est-ce que vous vous sentez démuni.e, impuissant.e, vous aimeriez que ça s’arrête simplement et rapidement ?

Pour que l’émotion puisse se calmer en intensité, elle a besoin d’être entendue et d’être évacuée. Vous pouvez aider votre enfant à faire ce processus en l’aidant à extérioriser ce qu’il ressent et à mettre des mots dessus. Ainsi l’intensité pourra s’apaiser.

Pourquoi est-ce que c’est important ? Parce qu’une émotion réprimée risque fort de prendre encore plus de place et de provoquer du mal-être chez l’enfant. Il se dira qu’il n’a pas le droit d’exprimer ses ressentis, qu’il est anormal de réagir ainsi ou qu’il ne peut pas tout dire à son parent. Il pourra soit se faire entendre encore plus fort, soit couper le lien.

En choisissant de pratiquer une éducation ferme et bienveillante, vous garderez le lien avec votre enfant. Pour ce faire, il est important d’apprendre à accueillir ses sentiments tout en redirigeant ses comportements inacceptables. Il est tout à fait possible de valider ce que vit l’enfant avec empathie tout en mettant un cadre à ses agissements. Il peut être très en colère et il a le droit d’éprouver une telle émotion, toutefois, il ne peut pas insulter, taper ou casser des objets. Vous pouvez constater qu’il est triste d’avoir cassé son tout nouveau jouet mais vous n’allez pas en acheter un autre. Cela peut paraître étrange de faire uniquement de l’écoute ou de mettre des mots sur son ressenti (sans jugement, sans négation de ce qu’il vit, sans conseil), pourtant c’est ce qui le soulagera le plus rapidement.

Vous n’arriverez peut-être pas à prendre la distance nécessaire pour accueillir l’émotion de votre enfant à chaque fois et c’est normal. Quand vous êtes fatigué.e, stressé.e, inquiet.ète ou que le comportement de votre enfant vient toucher quelque chose de fragile en vous, vous aurez plus de difficulté à être empathique. A vous d’évaluer si ce sont des situations qui se produisent trop souvent ou si c’est ponctuel. Un agenda des moments de crise peut vous aider à prendre du recul sur votre propre état émotionnel. 

Vous trouverez ci-après des idées qui peuvent vous être utiles dans certaines situations :

Avec un enfant fâché et frustré:

– Mettez-vous à sa hauteur et dites-lui avec authenticité et empathie : tu es vraiment très en colère de…. p.ex. ne pas pouvoir jouer avec les jouets de ton frère/ta soeur. 

– Tellement en colère que cela te donne envie de le frapper. 

– Pas de coups. Tu as le droit d’être fâché, c’est frustrant de ne pas pouvoir jouer comme tu as envie. Dis-le lui avec des mots.

– Tiens, montre-moi comme ça t’énerve en déchirant ce papier journal (Si l’enfant ne le fait pas, vous pouvez prendre un petit bout du journal et le déchirer tout doucement et lui demander : ça t’énerve comme ça ? ou comme ça (en déchirant avec vigueur) ?

– Oh oui, je vois à quel point tu es fâché.


Lorsque l’émotion est toujours là, mais que l’enfant aurait tendance à s’enfoncer dans son mal-être, il est bon de lui proposer une autre activité : Tu es vraiment fâché et ce n’est pas facile de se sentir comme ça. Est-ce qu’on fait un jeu pour se changer les idées / tu viens m’aider à la cuisine / on va faire un tour dehors /…

Quand un enfant est triste :


– Accueillez sa tristesse avec une écoute attentive.
– Donnez-lui le droit de la vivre, c’est important pour lui afin qu’il ait confiance dans son ressenti (même si vous trouvez que c’est une broutille).
– Vous pouvez refléter son sentiment : je vois que tu es triste / c’est un moment difficile pour toi / tu me sembles bouleversé.e /…
– Tu me sembles triste, mais je vois que tu n’as pas envie d’en parler maintenant. Sache que je suis là et disponible si tu souhaites te confier.


Tout cela suffit, vous n’avez pas besoin de « réconforter » par des phrases comme : on va racheter ce que tu as perdu, ce n’est pas si grave, il faut maintenant agir pour changer cela, etc.


Quand un enfant est inquiet, a peur :


– Il a le droit d’avoir peur.
– Accueillez-la sans jugement, sans moquerie : Oui, ça peut faire peur.
– Donnez-lui un petit objectif pour qu’il puisse se sentir capable d’y arriver : je te tiens quand tu roules avec ton vélo et quand tu seras prêt, tu me le diras, je ne te lâcherai pas avant.